Où Mickaël Moore va-t-il à la soupe ?
Mes amis libéraux ayant déjà traité du "cas Moore" sur le fond, je me démarquerai en le traitant sur la forme. Et pour une fois, je m'en donnerai à coeur joie, puisque d'habitude, c'est toujours "nous autres", "les libéraux" qui sommes suspectés de comploter. En effet, quand nous osons critiquer l'action des faucheurs, nous avons forcément reçu un chèque de Monsanto, quand nous émettons un doute sur le fait que l'armée américaine se trouve en Irak uniquement pour le pétrole, c'est Exxon qui nous a fait un virement sur un compte en Suisse, si nous défendons l'économie de marché, notre entreprise, classée au CAC 40, exploite forcément des enfants chinois. Selon cette logique, nous sommes donc dans notre bon droit quand nous posons la question: "Où Mickaël Moore va-t-il à la soupe?" De même que Patrick Ricard ne se cache pas d'être l'ami de Fidel Castro - contrairement à Ignacio Ramonet qui a fait édité son livre la Propagande silencieuse, par l'institut du livre cubain, institut qui s'est également chargé de la diffusion sur l'île - doit-on suspecter Moore d'avoir reçu des caves de Montecristo et des bariques de rhum ? Sa "légère" surcharge pondérale est en effet bien suspecte. On voit que ce bourgeois vit bien de ses films: ça se porte sur lui. Ca ne m'étonnerai pas d'ailleurs qu'il ait reçu également des bocaux de foies gras entiers de France et qu'il doit en mettre dans ses hamburger avec de la mayo et du ketchup, façon Maïté. Et oui, comme tout homme, Moore a un point faible et il a dû se laisser corrompre par les cubains et les français; sans compter les canadiens qui ont dû l'arroser de sirop d'érable et le bombarder de pancakes. Une fois que l'on a dit cela, on n'a plus besoin de réfléchir sur ce qu'il dit de la sécu aux USA. C'est ainsi que beaucoup de débat qui nécessiteraient une véritable réflexion de fond en reste à la surface dans notre pays. Biensûr que Mickaël Moore roule pour lui et qu'il cherche le succès cinématographique en manipulant habilement les scandales de son pays. Après tout, il est libre et son travail sert, à sa manière de contre-pouvoirs. Ce qui est dangereux dans notre pays, c'est la récupération que certains vont faire de son film Sicko pour continuer à ne pas remettre en cause le modèle de notre sécurité sociale alors qu'il y aurait tant de questions de fond à poser. Mais puisque tout le monde est heureux comme cela, on finira sans doute par se contenter de la TVA sociale.
PS/ Ceci-dit, on remarquera un certain amateurisme dans le business additionnel du film. On peut regretter, en effet, que Moore n'ait pas profité de la sortie de son film pour faire un partenariat avec une margarine anti-cholesterol par exemple, ou encore un livre préfacé par Montignac...
PS2/ Nous signalons un excellent article du Journal Libération qui ne semble pas contredir nos propos.
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