Étant Lorrain d'origine comme tous les enfants du Grand-Est de la France, j'ai gardé en souvenir ce moment unique de la Saint-Nicolas, où chaque enfant devient un privilégié par rapport aux autres petits Français. Car en effet, quelques semaines avant Noël, il reçoit déjà des cadeaux. Ayant attendu avec impatience l'annonce du discours télévisé de Nicolas Sarkozy, j'ai donc retrouvé les réflexes acquis pendant ma plus tendre enfance (surtout que la Saint-Nicolas a lieu ce week-end à Nancy), et ai sorti mes souliers que j'ai délicatement posés sous la télé en espérant que le Saint Homme allait venir y vider sa hotte. On m'avait dit que cette année Saint-Nicolas me réservait une grosse surprise, quelque chose de complètement inattendu...Pourtant, cela ne m'avait pas empêché de faire une petite liste dans un coin de ma tête avec des cadeaux pour moi: la flat tax, le salaire complet, la retraite par capitalisation, la possibilité de choisir mon assurance maladie, la fluidification du marché de l'immobilier.... mais aussi des cadeaux pour ceux qui sont susceptibles de m'embaucher ou d'embaucher mes compatriotes: la simplification du contrat de travail pour fluidifier le marché du travail, la diminution de la taxe professionnelle, la baisse des charges patronales et salariales, la facilitation de l'accès à des prêts financiers, la suppression de tous les numerus clausus... Enfin, bref, j'avais fait une liste de cadeaux sérieux, faits pour durer; des cadeaux avec lesquels on joue encore des années après, pas des babioles avec lesquelles on joue 5 minutes avant de les poser dans un coin pour ne plus jamais les regarder, ou encore celles qui se cassent facilement. A ma grande déception, Saint-Nicolas, ne m'a pas amener les cadeaux que j'attendais. Certes, il est venu avec la possibilité de travailler le Dimanche et je l'en remercie. Certes, il propose aux salariés de racheter leurs RTT, mais pourquoi ne pas tout simplement supprimer les 35 heures ? Vendre les bijoux de famille pour financer les universités... Beau geste, mais comment les financera-t-on le jour où l'on n'aura plus rien ? Bref, je m'attendais à d'autres types de cadeaux de la part de Saint-Nicolas. Par contre, question coups de triques, rien à redire ! Le père fouettard se posait là en maître pour corriger les "voyous des banlieues qui ont tiré sur des fonctionnaires" et l'ancien président Chirac, pour lequel il est "dommage que la justice vienne si tard."
Moralité, il est clair que les enfants ont besoin d'un Saint-Nicolas et d'un père fouettard, mais comme on suppose que les Français ne sont plus des enfants, le mieux pour relancer le pouvoir d'achat ne serait-il pas encore de supprimer l'Etat Saint-Nicolas ? En effet, quand on est enfant, on ne s'en rend pas bien compte, mais quand on grandit, on voit bien que Saint-Nicolas ne sort jamais rien par enchantement de sa poche. Quant à l'Etat Père Fouettard, s'il faisait bien son travail, il inspirerait tellement le respect aux citoyens qu'il n'aurait jamais besoin de sortir son martinet. Malheureusement, on peut craindre que de tous les personnages imaginaire de cette légende, seule la bourique soit bien réelle.
La photo ci-dessus est empruntée à Graziella. http://www.grazi.be
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