France Telecom, le nouveau justicier de l'économie de marché
Ceux qui, comme moi, ont lu les cahiers saumons auront peut-être été attirés par deux articles contigus sur France Telecom, véritables cas d'école en matière de littérature sur la concurrence. Le premier relatait qu'après avoir perdu l'appel d'offres lancé par la ville de Paris pour un service d'accès sans frais à Internet, France Telecom a déposé un recours contre la mairie de Paris pour faire interdire l'accès gratuit au Wifi. Pour cela FT s'est appuyé sur l'article L.425.1 du Code des collectivités qui précise qu'une municipalité n'a pas le droit d'entrer en concurrence avec des opérateurs, sauf s'il y a insuffisance des initiatives privées. Un des porte-paroles de l'opérateur historique s'exprime de la sorte: "C'est une escroquerie de faire croire qu'un service d'Internet rapide est gratuit. Le coût est supporté par les contribuables." Pour FT l'accès à Internet n'est pas une mission de service public. Ca pourrait être du Benoîte Taffin, mais c'est du France Telecom pure jus. Un peu en-dessous, un deuxième article annonce que l'I-phone pourrait bien ne pas se trouver au pied de mon sapin à Noël et ce pour la bonne et simple raison qu'Orange et Apple n'arrivent pas à trouver d'accord commercial. En effet, "Apple n'aurait pas anticipé les conséquences de la loi française interdisant la 'vente liée'. La législation française oblige en effet les constructeurs à vendre un téléphone sans bridage, capable donc d'être utilisé sur tous les réseaux mobiles." En outre, il ne souhaite pas reverser les 30% des revenus sur la consommation des données et de la voix sur l'I-phone. Dans le premier cas, l'opérateur historique lutte contre la concurrence déloyale des collectivités, dans le second, contre un abus de position dominante d'un constructeur. Vous me direz, "quoi de plus normal" pour un opérateur privé que de défendre ses intérêts ! On ne peut que se réjouir du fait que l'entreprise qui nous expliquait, il y a peu encore, que les Français avaient tout à perdre à l'ouverture du marché, se soient mis désormais au diapason de l'économie libérale. En espérant qu'au final ce ne soit pas le consommateur qui se fasse presser comme un citron.
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