Analyse

12/03/2008

NI-NI ou ET-ET ?

Ninietet A la suite du premier tour des municipales tous les regards se sont de nouveau porté sur le Modem. C'est l'occasion d'approfondir un point que j'avais déjà évoqué lors des élections législatives dans un texte intitulé, "Modem, parti périphérique". Les accords passés par le Modem pour le second tour ont vérifié ma théorie. Je reprendrais donc ici un extrait de mon texte que je trouve toujours valable :

Quand François Bayrou et ses amis disent qu'ils ne sont ni de droite, ni de gauche, ils veulent dire en fait qu'ils sont et de droite et de gauche pour faire un "best of de la gauche et de la droite". Contrairement au Modem, quand les libéraux authentiques affirment qu'ils sont ni de gauche, ni de droite, c'est pour renvoyer dos à dos la gauche et la droite, sous-entendu, le PS et l'UMP. En fait, ce que dit Bayrou et ses fidèles, c'est qu'il existe des "individus de bonne volonté à gauche et à droite, de même qu'il existe des solutions intéressantes de ces deux côtés."Ce que disent les libéraux c'est qu'ils ne sentent pas plus de la gauche socialiste que de la droite conservatrice parce qu'ils font l'analyse que ces deux courants pensent, à tort, que les solutions passent par l'intervention de l'Etat providence à tous les niveaux de la société.
D'ailleurs, s'il fallait une autre preuve, il est simple de constater que Nicolas Sarkozy a pu reprendre si facilement les idées de FB, au travers de sa politique d'ouverture.

Aujourd'hui, il n'y a rien de surprenant à ce que les candidats Modem passent des alliances au cas par cas

 

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13/01/2008

La politique de civilisation en guise de rupture ?

Sarkomitterrand_2 Il m’est souvent arrivé de constater d’étranges coïncidences entre le hasard de mes lectures et les hasards de la vie. C’est ainsi que la veille du discours de Nicolas Sarkozy, je me suis plongé dans un petit recueil sur le développement durable dans lequel se trouvait une introduction signée de la plume, ça ne s’invente pas, du sociologue Edgard Morin. Et comme je parcourais ce préambule, je me disais que ce discours suranné qui datait de 2004 me renvoyait en plein dans les années Chirac et Mitterand. Ces années qui ont contribué à nous mettre dans la profonde mouise dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui. C’est ainsi que l’on peut entrevoir au travers de la relecture de Morin de vieilles réminiscences du ni-ni :

“Il est évident que je ne souhaite pas la suppression du marché. Mais au lieu d’un marché livré à ce système dit néolibéral, où l’économie est censée trouver d’elle-mêmes ses propres régulations, je suis pour un marché comportant des régulations qui elles-mêmes devraient être de nature planétaire - ce qui n’existe pas encore.”

Après avoir lu ces lignes, je ne sais pas pourquoi, mais j’ai tout de suite pensé à la citation de Jacques Chirac: “un système libéral ce serait aussi mauvais qu’un système communiste.” Bref, je me disais à moi-même qu’heureusement qu’avec la politique de rupture de Nicolas Sarkozy, on allait enfin pourvoir en finir avec ces vieux systèmes de pensée complètement dépassés. Aussi, quelle ne fut pas ma surprise le lendemain en entendant le Président de la République se référer à Edgard Morin et à sa politique de civilisation dans le discours de sa conférence de presse. Surtout que la fameuse politique de civilisation à ...

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07/12/2007

Schyzofrenchie

51vbazibvhl_ss500_ Comme nous l'avions déjà signalé dans un précédant post, il y a plus de 2,5 millions de jeunes français qui ont quitté le pays pour aller chercher qui des études, qui un travail à l'étranger. C'est un chiffre que nous aimons utiliser pour démontrer que ces jeunes choisissent des destinations où les mesures qui sont appliquées se trouvent dans notre programme. Pour faire plus court, il s'agit tout simplement de pays où l'on trouve des gouvernements libéraux, ou tout du moins qui ont appliqué des mesures libérales. Or, il est parfois frappant de constater à quel point certains de nos compatriotes, tout en ayant accomplis la démarche de quitter volontairement la France ne seront jamais prêt à reconnaître pour autant qu'il faudrait qu'un gouvernement similaire arrive au pouvoir pour faire les réformes nécessaires dans notre pays. C'est tout du moins la réflexion que je me suis faite à la suite de quelques conversations qui m'ont fait me poser de sérieuses questions. Cela a commencé pendant les législatives: alors que nous proposions

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28/11/2007

Avoir le luxe de pouvoir se passer du contrat de lecture

 

Sabine Herold et Julie Coudrie
Vidéo envoyée par jeanpauloury

La notion de « contrat de lecture », d'Eliséo Veron permet de "rendre compte de la relation entre un média et ses lecteurs, à la fois en termes individuels, via le mode d’adresse adopté, et plus collectifs, via les « visions du monde » proposées. Contrat proposé jour après jour, dans le texte du journal, validé par l’acte d’achat et de lecture, lui aussi régulier dans le temps." Ce contrat implique constamment les 2 parties : « Cette relation entre un média et son public ne se conçoit pas à sens unique : ni d’un côté, un média qui influencerait et manipulerait ses lecteurs, ni de l’autre, un média simple reflet des opinions de ceux-ci. Le média est source d’informations pour son public propre mais aussi lieu de réaffirmation des valeurs de ce même public ; il est porteur de nouvelles interrogations mais aussi dépositaire d’éléments constitutifs du lien social de son lectorat." Tout cela est bel et bien bon et on aime la sociologie quand elle nous décortique ainsi le monde. On veut croire volontier que cette notion de contrat de lecture est mise en application à tous les niveaux de la sphère médiatique. Mais qu'en est-il du service publique ? Vous allez me dire oui, bien évidemment, puisque le téléspectateur est soumis à la redevance télé. Donc si demain il n'était pas content de l'information que lui délivre France 2, ou s'il avait des doutes sur la véracité de celle-ci, par exemple, il se révolterait en refusant de payer sa redevance télé. Oui mais voilà, tout n'est pas si simple : s'il refuse de payer cet impôt, on lui envoie relance sur relance, et, pour finir, qui sait, peut-être finira-t-il par voir arriver l'huissier... Il faudrait alors que tous les Français se révoltent en même temps en lançant une grande grève de la redevance télé. Oui mais, pour cela, il faudrait que tout le monde partage la même insatisfaction. Et jusqu'à présent, ça n'est pas le cas. Tous les Français plébiscitent le traitement de l'information que leur propose les journalistes du service public. La preuve en est que pour respecter le contrat de lecture, certains journalistes du service publique font des reportages dans lesquels ils font passer tous les anti-grèves pour des réactionnaires, ce alors-même qu'une très grande majorité de Français étaient contre cette grève. Doit-on en déduire que tous les Français sont d'accord avec le fait de se faire traiter de réactionnaire ? Ensuite, imaginez que vous passiez un instant de l'autre côté de l'écran et que vous assistiez au tournage d'un reportage effectué par certains journalistes zélés du service publique: en face de vous, une jeune politique libérale se fait cuisiner:
- "Alors, Sabine Hérold, avouez, hein ? Vous êtes bien pour la suppression des syndicats, n'est-ce pas ?", - "Pas du tout, bien au contraire, je suis pour plus de syndicats et de syndiqués. Et je veux un monde syndical, fort, libre et représentatif."
Après avoir assisté à cette scène vous rentrez à la maison où vous attendez que passe le reportage. Et là que voyez-vous ? Le portrait d'une militante anti-grève dont le seul message sur les syndicats est réduit à cette petite phrase assassine et insignifiante d'un point de vue politique "certains ne sont pas sympathiques du tout" suivi d'un bruitage ridicule. Vous vous frottez les yeux en vous disant que vous avez dû manquer un passage et vous vous dites : pourquoi le journaliste n'a-t-il pas exposé la solution politique proposée par Alternative Libérale, alors qu'il a passé une journée complète avec la porte-parole du parti. Mais me direz-vous, c'est normal, c'est ça la liberté de la presse. Ah d'accord.... J'avais presque fini par l'oublier. Mais alors pourquoi, moi, je ne suis pas libre de ne pas payer ma redevance à France 2, si France 2 choisit de traiter les sujets de la manière que je n'ai pas envie de les voir. Pire, si je sais qui plus est qu'elle les traite par dessus la jambe ! On pourra toujours s'evertuer à parler de contrat de lecture (en l'occurence, ici, contrat de visionage) après cela, il apparraîtra que ce contrat s'impose de manière unilatérale au spectateur. Le comble du paradoxe, ou du masochisme, étant que le téléspectateur doit payer pour se faire maltraiter ! Mais si tous les Français sont ravis ainsi, alors tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.

PS/ Ceci-dit, soyons bon prince et ne tombons pas dans le cliché stérile qui soutiendrait que toute l'information qui vient du service publique est forcément orientée: pour un sujet biaisé, on peut trouver plein d'autres émissions traitent objectivement et consciencieusement de la réalité. Mais encore une fois, on voit à quel point le respect du contrat de lecture est essentiel pour que l'on dispose d'un bon traitement de l'information.

28/09/2007

Le S.U.I.F: une solution pour les fonctionnaires

RuyergifDimanche dernier, Sabine Herold est intervenue lors de la première de Duel sur la 3, la nouvelle émission de Christine Ockrent. Elle a habilement recadré le débat en rappelant que le problème de la fonction publique n'était pas celui du nombre de ses ressources, même si celui-ci est excessif, mais bien plutôt celui de leur statut. Face à elle, un jeune prof de sport avouait que s'il avait choisi d'être fonctionnaire, c'était pour les valeurs et non pour les avantages. Cela m'a rappelé une solution proposée il y a plus de 35 ans par le philosophe nancéien, Raymond Ruyer. A la fin de l'ouvrage les nuisances idéologiques (Calmann-Levy, 1972), ayant constaté que la profusion grandissante des idéologies n'était pas sans rapport avec la multiplication du nombre des agents d'Etat (critique qu'il pouvait s'appliquer à lui-même, étant prof d'université), il a tenté de proposer une "contre-idéologie", le S.U.I.F: salaire unifié inter-fonctionnaires. On remarquera au passage, la touche ironnique dans la formation de cet acronyme (Ruyer était un familier des canulards). Il s’agit en fait de prendre au mot les “idéologues égalitaires” (nos syndicats d'aujourd'hui, par exemple, qui se revendiquent anti-libéraux) : “Il souffrent des inégalités entre riches et pauvres, entre jeunes, maigres et soucieux, et vieux mandarins. Ils ne peuvent donc trouver mauvais que l’Etat commence par établir l’égalité parfaite des traitements de tous les fonctionnaires de tous ordres, du moins un repli presque total de l’éventail, des catégories, comme de l’ancienneté.(...) Raymond Aron remarque que les fonctions les plus agréables à exercer sont également celles qui sont le mieux rétribuées. C’est tout à fait vrai, et l’on peut trouver qu’il n’y a aucune raison pour ainsi motiver deux  fois ce qui l’est déjà très suffisamment par le sentiment d’une promotion humaine.” Et Ruyer poursuit...

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13/09/2007

Le style Carglass: ça passe ou ça casse

Carglass01 Impossible de ne pas connaître les publicités Carglass. Vous savez cette chaîne de poseurs de pare-brise qui squatte les ondes avec ses publicités "reality show". Un vendeur force son accent chti pour vous donner une leçon de bon sens: "la plupart de ceux qui viennent dans son garage pour faire changer leur pare-brise auraient pu faire des économies s'ils avaient appliqué une règle simple: passer une visite dès le premier impact. Les spécialistes de Carglass auraient pu alors injecter une résine à l'endroit impacté, plutôt que de changer le pare-brise dans son intégralité." De quoi faire des économies substantielles, surtout que ce genre d'opération, peut tout à fait être pris en charge par votre assurance. Cela ne vous rappelle rien ? Non ? Allons, cherchez un peu. Biensûr, si vous êtes libéral, vous pensez tout de suite au vitrier de Bastiat avec "ce qui se voit et ce qui ne se voit pas". Vous vous dites que si notre automobiliste avait vu l'impact avant, il aurait fait des économies substantielles et aurait pu investir son argent dans autre chose que simplement changer son pare-brise, ce qui aurait contribué à accroître l'économie générale, plutôt que d'enrichir un franchisé Carglass, qui vit de la misère du monde. Ce pourrait être effectivement une belle manière de transposer la parabolle de notre libéral historique. Quant à moi, j'y ai vu une autre comparaison possible: la force de vente Carglass ne se serait-elle pas inspiré du discours sarkozien ? A moins que ce soit Nicolas Sarkozy qui ait effectué un stage chez Carglass ? Suivez mon regard: l'autre jour le Président a affirmé au salon de l'élevage de Rennes que les "régimes spéciaux des retraites étaient indignes". Il a ajouté à cela que "La vérité, c'est qu'il existe des régimes spéciaux de retraites qui ne correspondent pas à des métiers pénibles et qu'il existe des métiers pénibles qui ne correspondent pas à un régime spécial de retraite". Des années d'expérience en force de vente je vous dis; on retrouve toute la verve de notre bonhomme Carglass: il va remplacer votre pare-brise et ça va vous couter la peau du cul. Mais, il vous avait prévenu: si vous l'aviez écouté, vous seriez venu faire injecter votre résine avant d'en arriver au clash. Autrement dit, pour mieux faire passer la réforme des régimes spéciaux, il se sent dans l'obligation commerciale de l'échanger contre un autre avantage potentiel. Il est insoutenable à ses yeux qu'aux vôtres il passe pour le méchant de service. Après tout, pourquoi pas. N'est-ce pas Madelin lui-même qui affirme que l'on ne supprime pas un avantage, on le rachette. Soit. Laissons-donc le Président appliquer sa méthode, mais soyons cependant vigilant à ce que la remise ne soit pas plus importante que le prix de vente. Car si cela ne risque pas d'arriver avec un franchisé Carglass, on peut toujours se poser des questions avec un homme d'Etat qui préfèra toujours soigner son image plutôt que d'équilibrer la balance des comptes publics.

05/07/2007

Le rouge a la dent dure

PasseportgourmandQuand le regard a été longtemps exposé à une seule et même couleur, il lui faut un certain temps pour se débarrasser du voile laissé par celle-ci. Ainsi il en va des valeurs. Quand l'esprit a été longtemps exposé aux principes d'une idéologie, il finit par prendre ceux-ci pour des vérités d'évangile et ce qui relève du jugement de valeur s'impose comme une règle de logique. La visualisation de la dernière pub Perrier a provoqué chez moi une légère introspection et je me suis aperçu à quel point mon inconscient était marqué par les valeurs crypto-marxistes: ce en quoi, je reste français, bien que libéral et fier de l'être. Aussi, je voudrais maintenant effectuer une légère autocritique: 

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14/04/2007

Dior, Chanel, Vuitton, Hédiard, Fauchon....et.... Laguiller, Besancenot, Bové, Schivardi, Buffet

RectchecappdFrance, pays du luxe, France pays aux mille et une marques, mais aussi, France, pays où les électeurs s’offrent des spectacles qui coûtent les yeux de la tête  pour les présidentielles avec des clowns d’extrême-gauche. A 700.000 € le zouave, il faut déjà avoir les moyens ! Un dialecticien de haut-vol vous démontrerait par Marx+Engel, que justement, c’est parce que la France est le pays de l’accessoire et du superflu, qu’elle est un terroir fertil pour le développement du matérialisme historique. En ce qui me concerne, n’étant pas dialecticien, je préfère la théorie qui dit que c’est la même logique qui veut que l’on prise à la fois les grandes marques et les crypto-marxistes. Suivez mon raisonnement...

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07/04/2007

Ferrari rouge, brun et vert

Vertbrunrouge Ca pourrait être la couleur de la carrosserie, celle de la sellerie et des écrans du tableau de bord. Mais malheureusement, on ne peut que rire jaune derrière cette accroche. Car vous l’aurez compris ce n’est pas ici de voiture qu’il s’agit, mais de politique et plus particulièrement de l’émission Dimanche +, en l’occurrence aujourd’hui Samedi +, lors de laquelle l’animatrice Laurence Ferrari a reçu Dominique Voinet, Marie-Georges Buffet et Jean-Marie Lepen. Au premier abord, on se dit que ces trois là n’ont rien en commun, à part se présenter au premier tour des élections présidentielles. Mais les hasards du CSA faisant parfois bien les choses et les associations d’idées allant bon train, j’ai cru saisir un point commun que certains prendront pour une caricature, alors que d’autres y verront une analogie effrayante. S’il est donc une deuxième similitude entre ces candidats, c’est bien que les courants de pensée qu’ils représentent ont  pour ambition de faire de la politique au mépris des grands principes humanistes. Loin de mettre l’homme, au centre de leurs projets, ils se font un malin plaisir de cumuler les raisons d’écraser les individus ou de les diviser. Car quel place reste-t-il à ceux-ci quand ils doivent soumettre leur être à la toute puissance de la nature, de la communauté ou de la race ?

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Presse

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