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12/03/2008

NI-NI ou ET-ET ?

Ninietet A la suite du premier tour des municipales tous les regards se sont de nouveau porté sur le Modem. C'est l'occasion d'approfondir un point que j'avais déjà évoqué lors des élections législatives dans un texte intitulé, "Modem, parti périphérique". Les accords passés par le Modem pour le second tour ont vérifié ma théorie. Je reprendrais donc ici un extrait de mon texte que je trouve toujours valable :

Quand François Bayrou et ses amis disent qu'ils ne sont ni de droite, ni de gauche, ils veulent dire en fait qu'ils sont et de droite et de gauche pour faire un "best of de la gauche et de la droite". Contrairement au Modem, quand les libéraux authentiques affirment qu'ils sont ni de gauche, ni de droite, c'est pour renvoyer dos à dos la gauche et la droite, sous-entendu, le PS et l'UMP. En fait, ce que dit Bayrou et ses fidèles, c'est qu'il existe des "individus de bonne volonté à gauche et à droite, de même qu'il existe des solutions intéressantes de ces deux côtés."Ce que disent les libéraux c'est qu'ils ne sentent pas plus de la gauche socialiste que de la droite conservatrice parce qu'ils font l'analyse que ces deux courants pensent, à tort, que les solutions passent par l'intervention de l'Etat providence à tous les niveaux de la société.
D'ailleurs, s'il fallait une autre preuve, il est simple de constater que Nicolas Sarkozy a pu reprendre si facilement les idées de FB, au travers de sa politique d'ouverture.

Aujourd'hui, il n'y a rien de surprenant à ce que les candidats Modem passent des alliances au cas par cas

 

, puisqu'ils sont et de gauche et de droite. D'où un programme  patchwork et sans cohérence. Alors, nous n'avons pas oublié notre soutien apporté au candidat Bayrou au premier tour des élections présidentielles (soutien par défaut, qui rappelons-le, se fondait sur la congruence de 4 mesures du programme de l'UDF de l'époque). Est-ce-à dire pour autant que nous avons voulu soutenir celui qui veut réunir les étatistes de gauche et de droite ? Je me permettrai de reprendre de nouveau un extrait de mon texte d'alors:

"Si on ne devait retenir qu'une seule bonne idée de ce mouvement qui occupe le centre à la place des libéraux, c'est celle qui consiste à s'adresser à tous les français indépendamment de leur appartenance politique, c'est-à-dire, souvent, de leur classe socio-professionnelle. On a cette intuition que l'Etat doit proposer des lois qui s'adresse de manière universelle au citoyen et non qui privilégie une classe plutôt qu'une autre.
  Le libéralisme également commence au centre avec cette idée forte d'universalité. Mais il ne s'arrête pas là et il dépasse ce point d'ancrage pour apporter une troisième dimension dans la vie politique: celle d'une vie en communauté dont l'objectif est d'obtenir un maximum d'individus responsables pour eux-mêmes, un minimum d'individus responsables pour les autres."

Malheureusement cette vision universaliste et démocrate est rarement exprimée et on peine à saisir une ligne politique au travers de ce patchwork brouillon que représente aujourd'hui le Modem. Comme l'écrit d'une manière très drôle Yves D, l'auteur de restons correct: "si vous aimez les chiens les chats, les chevaux, les p’tits oiseaux, les jolies fleurs et la (vraie) galette-saucisse, le MoDem est fait pour vous !
Si de plus vous n’avez aucune culture politique ou économique, si vous croyez que Keynes est le boy-friend de Barbie ou que Karl Marx est un frère de Groucho, vous avez toutes les chances d’y faire une belle carrière. Pas besoin d’avoir fait Normale Sup et l’ENA, il suffit d’être capable d’affirmer, urbi et orbi et sans rire, que François Bayrou a non seulement toutes les qualités, mais aussi toutes les chances de succéder en 2012 au mari de Carla Bruni."

En conclusion, on pourra donc affirmer sans se tromper qu'entre le ni-ni et le et-et, il n'y a finalement pas grand chose à voir, si ce n'est un appétit de toujours plus de démocratie et la volonté d'unir autour d'un même programme des gens qui n'ont pas forcément la même sensibilité politique. 

Il y a tout de même quelque chose de frappant : le modem ne semble fort qu'en période de campagne électorale. Pourquoi ? Par le simple fait qu'il attire à lui les Français à qui on ne la fait plus et qui se rendent bien compte que rien ne change à leur situation que l'on mette au pouvoir des étatistes de gauche ou de droite et qui se disent : finalement, à quoi bon, autant mettre les deux à la fois. Un petit effort supplémentaire, ou quelques galères de plus, et les Français s'apercevront  que, finalement, ce n'est pas en additionnant la gauche et la droite que l'on se sortira du pétrin, mais c'est en changeant carrément de méthode. En choisissant aujourd'hui l'indépendance, AL, n'a sans doute pas fait le choix le plus simple pour parvenir au pouvoir, mais elle a au moins l'avantage de savoir de manière précise où elle va, et n'a pas besoin des autres partis pour exister: ses idées et ses militants lui suffisent.

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Voici les sites qui parlent de NI-NI ou ET-ET ?:

Commentaires

Reprenons ta précision d'alors sur le libéralisme:

"l…] un maximum d'individus responsables pour eux-mêmes, un minimum d'individus responsables pour les autres"

Jean-Paul, Je ne peux te répondre ici longuement, mais je crois profondément que la responsabilité est avant tout une orientation vers l'autre, ce qui ne veut dire le remplacer en rien. Responsabilité n'est pas ainsi le pléonasme de liberté, mais la façon qu'à la liberté d'être libre face au prochain par sa reconnaissance comme mon horizon.
Comprendre le libéralisme comme une morale du chacun pour soi, serait renforcer l'interprétation erronée et si véhiculée, par lequel on le caricature.
Nulle délégation de la responsabilité qui ne résonne pour rien avec réponse. Qu'on libère ainsi l'autre de la peine qu'on lui fait supporter, est la secrète offrande de cette vraie liberté enfin assumée.

Philippe

Sur le fond du "nini"lili, et du "ehé" de Tractoplus, pardon Tractoplouc.

La réunion de l'Agora façon F. Bayrou, est reprise par N. Sarkozy, du reste, avec le succès et les confusions que l'on sait. Colbertisme comme persifle joliment notre ami Yves.

Rien de pire que le neutre, cette volonté de ratisser large, au fond totalisante.
La paternité du nini s'inaugure du reste dans l'espace politique français aux extrêmes.
Nini, c'est aussi la table rase du passé, et cela a été avant tout une façon de s'inventer comme des premiers.

De la classe? Sans doute… Par le résultat brillant, l'on lance son regard au loin des vastes plaines césariennes. Le nini, n'est ce alors déjà se pendre pour la providence incarnée? Mais nulle intelligence ne peut se passer des autres, même si chacun a sans doute au mieux à advenir en sa singularité, inaliénable.

Revenons au moulin du positionnement idéologique, question qui passionne à n'en point douter les chaumières, mais si, mais si…
Le nini supposerait quelque or pur de tout atome en commun, avec quelque autre manant, forcément imposteur à ce compte.

Il y a plus sérieusement à s'interroger sur les représentations véhiculées, et dans ce champ, l'opinion, passe avant l'analyse historique, et ignore généralement les subtilités idéologiques.

La légitimation passe aussi par une reconnaissance du déjà là du monde, tu sais cette ligne là sur une feuille blanche d'écolier, qu'on laisse vide en haut et en bas, comme si l'on n'était jamais qu'un dans une série infinie. Il arrive un point parfois alors où l'on se fait écouter.

Pour le reste, je persifle, tu persistes, persiflons. Faut choisir ses quartiers, et ses contes tout ronds, pas de rond. Parfois les maisons de hameaux, font villages puis même villes, c'est cela aussi l'histoire gauloise, les ports francs, la concurrence. Et ça fait un pays où l'on vit, encore, et où l'on peut donc continuer et parfois même se rencontrer.


Parlons de responsabilité, puisque vous en cherchez moral !

Responsabilité du latin responsus, de respondere, « répondre », je me dois de le faire avec « neutralité », allez lançons nous dans un exercice de style. Décortiquons les mots que vous employés comme la responsabilité son sens philo etc….
Déf : faculté de répondre de soi-même, de ses actes, de ses dires.
Liée à la maturité, à la faculté de bien juger, la responsabilité n’a pas le même sens selon »devant qui « elle se place. Je m’explique, l’éthique aiguise le sentiment d’une responsabilité infinie, qui porte toutes les dettes du passé, envisage les souffrances possibles jusque dans le lointain, ; le futur. Du côté juridique, leproblème serait plutôt d’arrêter la responsabilité, de l’imputer, et de couper la chaîne des conséquences d’un acte passé, par la sanction (droit pénal) et par la réparation pour le droit civil.
A u sens du droit, la responsabilité concerne donc les conditions d’imputation de nos actes, voire de nos omissions, car il est des crimes par non-assistance délibérée à personne en danger, et, les devoirs liés à un statut (parent, conducteur automobile). Or cette responsabilité juridique oscille entre deux orientations qui révèlent aussi une structure intime de la responsabilité morale.
La première, plus téléologique, table sur la visée éthique que le sujet a d’une vie bonne, sir l’estime qu’il a de lui même, pour le responsabiliser et le rendre capable (capacités cognitives, volitives) de contracter un engagement. Au pénal cela suppose une individualisation des peines, un aménagement dont le sujet soit partenaire, ou l’on prenne sa parole au sérieux, ou chacun ait des droits et des devoirs. Le sens de la punition est alors préventif, et se fonde sur la capacité des sujets à mesurer ce qu’ils risquent, à calcuker le coût de leurs actes.
Il y a chez Bentham une économie de la peine, et la punition doit être dissuasive sans faire plus de mal que ce qu’elle veut éviter.
La seconde, est plus déontologique, elle insiste sur une loi morale égale pour tous : pour Kant, la question de l’utilité de la punition pour le coupable ou pour la société instrumentaliserait les sujets. Les punir, c’est faire respecter en eux la Liberté du sujet moral (respo de soumettre ses intentions aux règles du devoir, sans rentrer dans le calcul des conséquences). C’est respecter le sujet de droit (cad respo de ses actes), même si le sujet de fait est abattu par ce qui l’a fait ou impuissant à faire autrement. Comme chez Lévinas, l’exigence de responsabilitéest ici purement illocutoire, et ne se préoccupe pas des conditions perlocutoires de sa réception.

Ces deux orientations impliquent des antropo différentes. Le danger de la première , en dépit de son pragmatisme et de son parti pris de confiance,est de croire de manière « optimiste » (cad sans y voir la spirale du malheur) qu’on peut tout contractualiser, alors que l’on a parfois affaire à un sujet désarmé, vulnérable, irresponsable. Celui de la seconde, qui sait mettre un voile d’ignorance et lui donner sa chance, est de ne pas savoir comment passer de ce sujet capable, dans tous les sens duterme,de répondre de lui-même, de se déplacer pour dire : « ME VOICI ». En exagérant, on obtient, d’un côté, un excès de responsabilisation, caractéristique d’une société ou il ne devait y avoir que des individus majeurs et consentants, capables de passer librement des contrats et de tenir leurs promesses (mais on y voit beaucoup d’individus éffondrés) ; et de l’autre, un excès de victimisation, ou il n’y a que des « petits », protégés par des institutions tutélaires, et finalement jamais responsables de rien.
Il reste à trouver l’articulation entre la face passive et fragile de la vulnérabilité humaine, et la face active et capable de la responsabilité.
Me suit-on, L’ oscillation marquée plus haut, que l’on soit tous responsable de tout (H. Arendt a montré que le projet totalitaire du nazisme final a été d’éffacer toute différence entre les criminels et les autres) ou alors que l’on impute toute la responsabilité àç quelques individus (tandis que les autres d’ailleurs s’en lavent les mains), marque aussi le problème de la responsabilité collective et politique. Qui est responsable, par exemple des nuisances d’une civilisation de la voiture, de ses effets, entermes d’exténuation de ressources rares, de pollution, de laminage de l’espace urbain et des mœurs ??
L’incontestable culpabilité des chauffards laisse intacts la responsabilité politique, les intérêts économiques et l’assentiment de tous. Ou bien peut-on imputer à une société pharmaceutique puissante, qui aurait breveté une manipulation du génome, les conséquences éventuellement catastrophiques de cette modification sur l’environnement ?
Enfin tout çà pour dire que la technique, ayant bouleversé les modalités de l’agir humain, et parce qu’à puissance inédite responsabilité inédite, c’est à cette forme élargie de la responsabilité (on est respo du fragile, du périssable) que nous appellent des travaux récents comme ceux de H.Jonas.

Oui Alain,

Oui Alain,

Responsable pour aujourd'hui et pour demain, et même responsable pour l'autre, dimension du Me voici (l'Ineni ou aussi en ce très beau texte de Michaux, Agir, je viens), mais aucune injonction à ce que l'autre…, pas de code éthico-moral et sa moraline du même. Je, advient, en cette orientation, cependant.

C'est la responsabilité qui fait le séjour. Qui serait responsable vivant en sa monade, omettant de relier par convenance du soi et de sa toute puissance persévérante, sa liberté à toutes les autres, et en ce ballet compliqué acceptant une délégation qui le remplacerait? Mais il n'y a même le temps de cette délibération kantienne.


Infinie dignité de la responsabilité qui tout à la fois est liberté, expérience de la liberté en une situation donnée, non pas corpus à moraline.

Ne pas différencier le responsable, le non responsable, et l'irresponsable, confondre en une même pâte les uns et les autres, a été effectivement au principe du projet totalitaire du nazisme. Tout le monde, - cette fiction comme l'Etat, étant responsable, qui le serait encore? Fiction de l'intérêt commun, cadre mouvant des procédures. Le socialisme poussé à son extrémité, fait de chacun une courroie de transmission d'un Homme introuvable, niant le singulier du nom propre, par où la responsabilité advient en un je orienté vers l'autre, en autrui, irremplaçable.

Le paradigme Lévinassien, peut être ainsi décliné, "je suis responsable d'autrui, avant tout autre, et sans réciprocité". Avant même tout entendement Kantien quant à l'universalisation de la maxime.
Nous ferons, nous verrons. Pas de contrat à priori, l'autre est d'abord l'étranger.
Pas dé délégation à quelque autre. Premier étage. mais du soi à autrui, simultanément le tiers, et l'infinité des autres, et par là nécessité d'une mesure du droit. Délimitation, imparfaite, par le droit du tien et du mien, du propre et de l'approprié.

Oui, c'est une question d'articulation entre liberté et responsabilité. Nulle, l'une sans l'autre, intimement liées. Pour le reste, responsabilité générale déresponsabilisante d'un Homme introuvable, qui n'est ni toi ni moi, et fausses libertés du lâché de monades dans le jouir sans entraves… qu'est toujours l'autre, là, au bout du chemin, persistant.

Quant à la question que tu poses, Alain, sur la responsabilité collective, dans le temps de la complexité moderne, un livre qui m'avait intéressé, peut être connais-tu, de Gunther Anders,"Nous, fils d'Eichmann"

"Comme chez Lévinas, l’exigence de responsabilité est ici purement illocutoire, et ne se préoccupe pas des conditions perlocutoires de sa réception."
Je ne suis donc pas du tout sûr, que "Le comme chez Lévinas", soit une lecture juste. Mais il faut développer ailleurs qu'en un commentaire de blog.
L'attachement de Lévinas, à l'étoile de la rédemption de Rozenzwzeig, lequel place d'emblée la problématique éthique au milieu des tranchées de 14, un ciel pour le moins plombé, tout comme nombre de ses textes, se préoccupe oh combien de ces conditions perlocutoires.

Pour moi, l'expérience même de la responsabilité infinie est tout à la fois première, et nécessite sa limitation, celle qui du droit naturel au droit positif (Mais l'un et l'autre, c'est un peu comme les droits de l'homme et du citoyen. Le dernier terme comprend tant de coups d'arrêt au nom de quelque idée de l'homme, forcément issue d'une combinatoire, et sujette à conflits innombrables. Le "droit du plus faible", en fait, se trouve entravé si rapidement par ce souci qu'on aurait de lui à sa place, le pauvre, et qui bien plus que l'accompagner, si souvent le dessert. Ah le bien! La lettre d'Ikonikov dans Vie et destin de Vassili Grossman, est ici remarquable.) circonscrit les obligations des uns et des autres.

Ou comme le filait René Char: "L'infini attaque, mais un nuage l'arrête"

L'amorce d'un débat à organiser pour la suite, par delà conflits, scissions et autres, en cours. http://librespassages.blogspot.com/
Nécessairement indépendant des chapelles et préférences sur ce plan.

...l'autre différence entre les libéraux et le Modem, c'est que le dernier nommé arrive à exister sur le plan local et national. Et ce malgré la position délicate dans lequel il se trouve depuis le pillage de l'UMP et le départ des opportunistes... Bref, les purs libéraux pourront peut-être l'ouvrir quand il auront d'autres tribunes que leur blog perso!

@ "oui mais": J'entends bien. Ceci dit, je préfère avoir des choses à dire sur mon blog perso qu'avoir toutes les tribunes du monde pour expliquer que je n'ai ni PAU, ni de programme, pas vous ?

En outre je vous invite à vous rendre sur notre site, vous verrez que pour un parti qui n'a que deux années d'existence et qui est parti de rien (contrairement au Modem qui avait les bases de l'UDF) on ne se débrouille plutôt pas mal.

Enfin, supprimez le modem il ne restera plus rien. Supprimez AL, il restera encore un programme avec des idées qui sont défendues partout ailleurs dans le monde avec grand succès.

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