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25/01/2008

Rapport Attali: ne passons pas à côté de l'essentiel

Medium_shadok21 Lorsque Nicolas Sarkozy a reçu le rapport Attali, il a dit qu'il le cautionnait pour l'essentiel. Ceci-dit, il a choisi, sans réfléchir un instant, de rejetter la proposition de "retirer le principe de précaution de la constitution". Si on voulait jouer sur les mots, alors on pourrait demander au Président s'il a bien compris ce qui était "Essentiel" pour libérer la croissance. Si on entend par essentiel ce qui exprime l'essence même d'une chose, sa définition, alors il est clair que cette mesure dont on ne veut pas, c'est la toute première notion qu'il faut avoir acquis avant de procéder à tout autre type de réforme. On peut d'ailleurs s'étonner qu'un homme qui a fait campagne sur la "rupture", ait autant de mal que ça à assimiler cette logique: on ne peut réformer, entreprendre, changer, rompre, évoluer, se dépasser.... sans prendre de risque. Or comme je l'ai largement démontré dans mon ouvrage la Querelle des OGM, le principe de précaution est un principe ambivalent qui peut tout à fait être interprété d'une manière absolutiste, ce faisant il est la porte ouverte à toutes les idéologies anti-progrès. En son nom on pourra empêcher les plus grandes inventions. Or pour trouver de grandes inventions, il faut être libre, non pas d'une liberté d'abnégation (se cacher derrière la précaution) mais d'une liberté d'adhésion (accepter le risque). Ce qui ne veut pas dire pour autant que le principe de précaution soit inutile, mais que la systématisation qu'implique son inscription dans la constitution le rend dangereux. Il est un usage positif et technique du principe de précaution. Mais du fait de son ambivalence, il est imprudent de lui donner une stature de droit régalien.

Apprenant la constitution de la commission Attali, j'avais eu un sérieux doute sur cette initiative qui consistait à nommer l'ancien sherpa de Mitterand à la tête de cette mission. Puis ayant discuté avec Eric Leboucher et Philippe Manière, membres de la commission, je me suis laissé dire que cette commission allait agréablement nous surprendre. Ce que j'ai commencé à croire quand en Décembre, cette première mesure s'est échappée dans les médias. Moi qui avais débattu contre Roselyne Bachelot pendant plus de deux heures sur le sujet, j'étais on ne peut plus content que Jacques Attali confirme ce que les libéraux défendent depuis des années, Alain Madelin en tête. Malgré cette floppée de bonnes raisons, il semble que le Président se soit obstiné à dire non, ce qui s'inscrit dans la logique de la décision récente et absurde d'activer la clause de sauvegarde sur le MON820. La raison médiatique semble donc l'emporter sur la raison scientifique. Toujours est-il que, ce faisant, l'essentiel du rapport a été bafoué. Car il s'agit là d'une proposition fondatrice.  On peut alors se demander si l'esprit du rapport a bien été compris. Il suffit de voir les levées de bouclier qu'il a suscité pour se persuader qu'un travail énorme reste à faire dans l'esprit des castes, des clans et des prébandes. Les taxis menacent déjà de faire grève... Dommage c'était la mesure que Nicolas Sarkozy avait retenue. Bonne chance, donc, au rapport Attali (pour ses mesures libérales) et pourvu qu'en plus de passer à côté de l'essentiel, nos politiques ne retiennent pas que le particulier....

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Voici les sites qui parlent de Rapport Attali: ne passons pas à côté de l'essentiel:

Commentaires

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Je retrouve bien là ta plume impertinente.

Bravo Jean Päul pour ce riche exposé avec lequel je suis parfaitement d'accord. Bien évidemment l'arbre, les propositions non retenues, et principalement celle là touchant à l'essentiel, cachent la forêt. On ne peut bâtir le saut nécessaire sur le sable mouvant des peurs ancestrales.

Avec le principe de précaution, pas de demi-mesure, il faut tout simplement l'abroger comme un frein, et au progrès, et du reste à la sécurité.

S'il faut évidemment être bien mieux intraitable à l'avenir sur le principe du pollueur-payeur, il faut impérativement laisser libres recherches, évolutions, inventions, et cultures OGM, et bien sûr tout d'abord dans le domaine des bio-technologies, l'un des principaux moteurs de croissance pour l'avenir. Le retard déjà pris par la France est suicidaire, et Sarko à ce que je sache ne semblait pas un séide du trop fameux moustachu, lequel devrait refaire ses études à l'abri du besoin en un petit lieu clos.

Donc, ce retrait est amplement significatif, d'une continuité plutôt que d'une rupture. Et même s'il s'agissait pour finir d'une tactique de containement de l'opposant, façon conduite du changement, elle serait regrettable. Pour insuffler le changement, il faut parler clair, et arrêter de diaboliser toutes les machines à vapeur. Au fait, je te reproposerai courant 2008 de donner ta conférence, reportée, sur l'éloge de la consommation.


Merci Philippe pour ton commentaire. Petite précision cependant: il ne s'agit pas d'abroger le pp. Il s'agit de le retirer de la constitution pour ne pas en faire un droit régalien.
A ta dispo pour une conférence.
Bien à toi
JPO

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