Ne voyez aucune malice de ma part dans cet emprunt au Nouveau Testament pour parler du Parti Socialiste. Certes le "Pardonnez-leur car ils ne savent pas ce qu'ils font" précède de peu le "Seigneur pourquoi m'as tu abandonné ?" Mais il serait mal venu de blasphémer en tirant sur l'ambulance, surtout quand les frères Soprano (Jospin et Allègre) ont sorti les Famas, pendant que Cruella (Marie-Noëlle Lienemann) tient le bazooka. Pourquoi se compromètre d'ailleurs dans ces affaires puisque certains achèvent la sale besogne en interne: nous n'émettront donc aucun jugement de valeur sur les règlements de compte, cela ne nous regarde pas.. Par contre ce qui nous importe, c'est de savoir si le P.S. va pouvoir se réformer, comme l'ont fait tous les autres partis socialistes européens. Or à part écrire un best-sellers pour descendre Ségolène, faire la une de la presse people en compagnie de celle qui a pris sa place, ou être mis à la tête d'une commission du gouvernement Sarkozy, les éléphants du clan socialiste peinent à trouver des succès. Et lorsqu'ils réussissent à se réunir - c'est, à croire que c'est chez eux un tic - c'est encore et toujours pour s'opposer ensemble au gouvernement Sarkozy. Vous me direz, c'est normal, pour "l'opposition", mais avant d'être "opposition", un parti, ne doit-il pas être force de proposition ? Certes il y a bien Emmanuel Vals qui a osé affirmer haut et fort qu'il était pour la suppression des régimes spéciaux et qu'il pensait tout le bien du monde de Tony Blair. Quel courage ! Certes, il y a bien Michel Rocard qui a failli venir à la Fête de la Liberté ce week-end pour débattre avec Pascal Salin et qui a déjà eu le courage de commettre un ouvrage en compagnie de Fritz Bolkenstein. Il y a Allègre qui tient des discours d'un grand courage sur l'environnement. Mais surtout et, c'est là que je voulais en venir, il y a Jean-Marie Bockel : le secrétaire d’Etat auprès du ministère des Affaires étrangères et européennes chargé de la Coopération et de la Francophonie était présent ce week-end à Nancy à l'Université du parti radical valoisien. Il a profité de cette occasion pour lancer sa propre formation politique: Ce parti pourrait s'appeler "Gauche Moderne", le nom que porte son club au P.S. depuis 10 ans. Club qui, si on s'en souvient bien, n'a jamais dépassé les 1% au sein du P.S.. D'ailleurs, on aurait tort de croire que les choses pourraient changer à en lire cet article de Libération. Jean-Marie Bockel semble s'enfoncer toujours plus dans l'avant-garde: d'ailleurs aviez-vous entendu parler de cette excellente initiative ? Biensûr que non, celle-ci est restée confidentielle et vos petits écrans ne vous ont montré que la gauche en force à la fête de l'Huma... Avez-vous vu d'autres éléphants du P.S. qui partagent en off ses idées dire: "Jean-Marie, on vient avec toi ! " Non plus ? J'avais donc bien raison d'invoquer le Nouveau Testament, car après cette analyse sommaire, il apparaît clairement qu'à moins d'un miracle, on ne voit pas comment la gauche française pourrait se blairiser. Aussi, plutôt que de se fatiguer à convertir les hibernatus de la pensée crypto-marxiste, JMB ferait bien de se joindre à l'effort d'Alternative Libérale.
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