Mon boulanger est libéral
J'avais pourtant bien préparé mes pièces de 10 centimes d'euros. J'en avais une poignée de 10 bien au fond de ma poche et je les tenais dans mon poing bien serré . J'étais près à les verser négligemment sur le comptoir pour manifester mon mécontentement, tout juste si je ne me voyais pas en train de refaire 1789, vous voyez le tableau: le prix de la farine augmente et Marie-Antoinette se poudre avec, et tout le tralala... J'ai beau plaisanter, si le prix de la baguette passe à un euro, c'est tout de même un sacré choc pour le moral des français. Alors me voici prêt à balancer mes pièces à mon boulanger, ayant entendu sur toutes les ondes que la Tradition passait à un euro. Bon tout cela pour vous dire que mon boulanger n'avait pas augmenté le prix de son pain ce matin... Avec toute cette propagande, j'en étais presque venu à oublier que les boulangers ont le droit de fixer librement le prix du pain depuis l'ordonnance de 1986, mais on ne sait jamais avec notre nouveau régime présidentiel, peut-être que le Chef de l'Etat va également s'arroger le droit de fixer le prix du pain, qui sait. Mais le plus intéressant dans mon histoire c'est la remarque de mon boulanger: "Ben pourquoi voulez-vous que j'augmente le prix du pain, maintenant. Je vais pas effrayer mes clients, j'ai créé ma boutique il y a moins d'un an. Déjà que je fais la tradition au prix de 85 centime d'euros alors que je devrais la faire à un euro. Ma stratégie commerciale c'est de faire du bon pour pas cher et si je dois amortir le coût du blé, je le ferai progressivement. Je ne veux pas faire fuire tout le monde. Et puis je vais vous dire quelque chose: tout ça c'est de la propagande d'Etat. Quand lui il augment l'essence, il ne dit rien. Mais quand les prix du blé augment, il aime bien nous faire porter le chapeau...." Et nous voici parti à refaire le monde. Je crois bien que j'ai gagné un sympathisant de plus et quinze centimes d'euros
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