Le MoDem: parti périphérique
On me demande souvent quel lien A.L. entretient avec le MoDem, et ce, du fait de notre soutien à François Bayrou. Nous avions clairement identifié les 4 raisons de ce soutien, ce qui laissait largement entendre que pour tout le reste nous n'étions pas toujours d'accord. Aussi, j'ai toujours pensé que ce soutien n'était que provisoire et que je me retrouverai de toute façon confronté à un soldat de Bayrou sur ma circonscription. En l'occurrence c'est chose faite puisque l'autre jour les poseurs de Marc Saint-Denis se sont amusé à recouvrir mes affiches à Vandoeuvre. J'ai donc eu le plaisir de découvrir le message choc de Monsieur Saint-Denis qui "s'engage avec moi", enfin, "avec vous". On sent bien qu'il y a un embryon d'idée derrière tout cela. Ça sent la démocratie participative à plein nez. C'est l'idée d'un élu proche du peuple qui pour ne pas trop s'en éloigner quand il accédera au pouvoir fera mine de le consulter. Mais au fait il s'engage sur quoi cet élu ? Comme l'affiche ne précisait pas le terme du contrat, je me suis procuré le programme. Marc Saint Denis ambitionne de rassembler les compétences locales, d'être le moteur de l'intégration sociale, il veut une politique pragmatique des entreprises et de la ruralité et enfin, il souhaite porter une voix nouvelle à l'Assemblée...
On ne peut pas dire que ces idées soient mauvaises, mais on ne peut pas
dire non-plus pourquoi elles sont bonnes. Quelle en est la logique? Sur
quels principes reposent-elles ? Elle sont la juste déclinaison du
programme de François Bayrou, un patchwork de bout de pensées que l'on
a raccomodé ensemble. Et c'est là que je me permettrai de glisser mon
explication de texte favorite: quand François Bayrou et ses amis disent
qu'ils ne sont ni de droite, ni de gauche, ils veulent dire en fait
qu'ils sont et de droite et de gauche et proposent d'additionner les
deux (rassembler les compétences locales); ils souhaitent faire un
"best of de la gauche et de la droite".
Alors que quand nous disons que nous ne sommes ni de gauche, ni de
droite, nous autres libéraux, c'est pour renvoyer la gauche et la
droite dos à dos, et ce non pour des questions de "compétences", mais
pour des questions de méthodes: les libéraux ne sont ni de gauche, ni
de droite, parce qu'ils refusent l'étatisme sous-jacent qui se trouve
aussi bien au PS, que dans l'UMP.
Le MoDem, contrairement à A.L. n'a pas de vision claire de "pourquoi il
existe". Et il ne se définit en fait que par rapport à la gauche et la
droite et non pas pour lui-même. Supprimez la sélections des solutions
proposées par la gauche et la droite, et le MoDem n'aura plus de
programme.
Alors si on ne devait retenir qu'une seule bonne idée
de ce mouvement qui occupe le centre à la place des libéraux, c'est
celle qui consiste à s'adresser à tous les français indépendamment de
leur appartenance politique, c'est-à-dire, souvent, de leur classe
socio-professionnelle. On a cette intuition que l'Etat doit proposer
des lois qui s'adresse de manière universelle au citoyen et non qui
privilégie une classe plutôt qu'une autre.
Le libéralisme
également commence au centre avec cette idée forte d'universalité. Mais
il ne s'arrête pas là et il dépasse ce point d'ancrage pour apporter
une troisième dimension dans la vie politique: celle d'une vie en
communauté dont l'objectif est d'obtenir un maximum d'individus
responsables pour eux-mêmes, un minimum d'individus responsables pour
les autres.
Ce principe est au fondement de tout notre
programme et on pourrait reprendre point par point toutes nos mesures
pour voir qu'elles en découlent.
Alors je dirai à monsieur Saint-Denis, qu'il me paraît bien sympathique et bourrée de bonnes intentions
. Au passage, je le remercie pour la carte de la circonscription qu'il
a mis au dos de sa plaquette - même si j'eus préféré qu'il utilise
l'espace disponible pour m'en dire un peu plus sur son programme - elle
me sert bien pour itinérer dans la 2ème circonscription du 54 quand je
vais coller mes affiches. Aussi, on constate à quel point, le MoDem est un
"parti périphérique", au sens propre, comme au figuré (encore heureux,
que F.B. n'a pas choisi d'appeler son parti le "Minitel"). C'est une
courroie de transmission: l'appareil est là, mais il n'a pas en
lui-même l'information.... Alors pour que le courant passe entre A.L.
et le MoDem, il suffirait tout simplement au deuxième de pousser un peu
plus loin l'intuition qu'il a eu de vouloir faire de la politique
autrement en ayant le courage de reconnaître que le seul parti
charnière possible entre la gauche et la droite est un parti
libéral.... Monsieur Saint-Denis, reconnaissez donc que vos affiches ne sont pas à leur place, quand elles recouvrent les miennes. En conclusion, je dirai que c'est bien la preuve que l'on ne sait pas où l'on se situe quand on baptise son parti d'un nom de "périphérique", alors que l'on se revendique au centre !

Salut
un modem façon minitel avec un logiciel hasbeen, comme quoi il aurait mieux fallu s'abstenir.
Moi ce que je dis… de toutes façons.
A bientôt
Rédigé par: freephil | le 28/05/2007 à 12:40
Libéraux n'attendez pas que le Modem devienne un parti libéral ne comptez pas la dessus. Un grand nombre de pseudos reformateurs qui n'osent s'affirmer libéraux (le mot de libéraux a mauvaise presse) ont quitté l'UDF et rejoint Sarkozy,ils ont même crée un mouvement du Nouveau Centre. Laissons les se perdre dans leur combinaisons politiques et électoralistes, ce centre là est pour une France molle .Bayrou et son Modem, ce n'est que du vent, des mots, le projet est faible et manque d'ambition.
Affirmons nous, faisons vivre nos propositions, nos idées sont fortes et nos convictions nous gardent de toutes tentations démagogiques electoralistes. Ceci fait notre force. La révolution légale est en marche, l'élan est libéral.
Rédigé par: laurent AL94 | le 02/06/2007 à 00:52
@ Philippe: oui et non. J'ai observé que ça permettait un début de dialogue avec des gens qui n'auraient jamais daigné adresser la parole à des libéraux avant ça. Donc de ce point de vue c'était plutôt bénéfique.
@ AL94: On ne peut rien attendre d'un groupe en particulier, mais d'individus pris séparément pourquoi pas. Le but est tout simplement qu'ils nous laissent la place au centre. Dit plus abruptement, c'est un "dégage de ma place".
Rédigé par: JPO | le 02/06/2007 à 09:48
Tout à fait d'accord avec toi.
Ce qui est surprenant aprés tout c'est que le spectre politique se soit définit seulement sur un seul axe alors qu'aprés tout deux axes pourraient être facilement imaginables (y compris à l'assemblée avec les differentes travées).
La vraie révolution ce n'est pas le centre sur ce vieille axe, mais d'arreter de penser en 1 dimension pour voir en 2 dimensions.
Rédigé par: Daniel T | le 20/06/2007 à 19:07